Comment tenir les objectifs du plan local de l’habitat nantais ?

Le ralentissement de la construction liée à l’arrêt des chantiers pendant les confinements a du mal à se résorber. Les professionnels appellent les pouvoirs publics à accélérer la construction d’appartements neufs à Nantes pour freiner la flambée des prix.

Le plan local de l’habitat à Nantes n’a été respecté à cause de la pandémie

La tension sur le marché de l’immobilier à Nantes liée à une demande très supérieure à l’offre provoque la flambée des prix de l’immobilier, elle-même renforcée par un nombre insuffisant de promotions immobilières.

Le Club Immobilier Nantes Atlantique (Cina) a déclaré le 21 octobre lors d’une conférence de presse que la crise du logement qui a débuté avec les confinements n’était pas encore derrière nous et continuera à augmenter si rien n’est fait. Dans l’intérêt général, le Club a appelé à une mobilisation générale de tous et des instances publiques.

Le rattrapage du retard pris par les chantiers de construction en 2020 à cause de la crise sanitaire n’a pas eu lieu, a indiqué la présidente de l’association, Christine Serra. Malgré sa demande de mise en place de mesures d’urgence et les discussions avec les élus et la métropole en janvier dernier, rien n’a été fait.

Le plan local de l’habitat qui prévoit la construction de 6 000 logements par an n’a pas pu être respecté. Seulement 40 % de la prévision ont été produits alors qu’il faudrait entre 7 500 et 8 000 logements neufs chaque année pour faire face au besoin des Nantais qui représente 85 % des transactions et pour couvrir le solde migratoire positif de la ville.

D’après le site SeLoger.com, il y aurait actuellement plus de 50 000 personnes qui chercheraient à acheter un logement à Nantes du fait de cette pénurie de biens. Cette situation pèse sur le prix du marché de l’ancien.

De la parole aux actes…

La balle est dans le camp de la métropole, a indiqué Alain Raguideau, un promoteur membre du Cina. Actuellement, il faut six ans pour faire aboutir un projet de construction alors qu’auparavant il suffisait de quatre ans. Pour revenir à ce délai raisonnable, cela passe par une prise de conscience générale et des mesures fortes.

Si la construction devient de plus en plus difficile sur la métropole nantaise, les constructions se feront autour et cela encouragera l’étalement urbain sur le territoire. Cela est finalement contreproductif par rapport aux visées écologiques dont l’objet est la réduction de la « bétonnisation » du territoire et la diminution de la pollution liée à l’utilisation des véhicules.

Cette tendance au rallongement des délais n’est ni économique, ni écologique. Et la réduction des délais d’instruction des permis de construire est la solution qui doit être mise en place le plus rapidement possible comme cela avait été évoqué en janvier avec les pouvoirs publics. Il faut maintenant joindre les actes à la parole.